Pourquoi tant de familles partent à l’aventure pendant un an ?

Alors, pourquoi ce besoin d’aventure ? Comment se préparer ? Quelles sont les réalités derrière les belles images partagées sur les réseaux sociaux ?

Pour répondre à ces questions, j’ai rencontré à l’Alsace Vanlife Festival la famille @carnet_de_plume : Audrey et Fred, accompagnés de leurs enfants Lilou et Léo. Ils reviennent d’un road trip d’un an à travers l’Europe à bord de leur camping-car surnommé Pingcar. Leur témoignage, sincère et sans tabou, éclaire les joies, les défis et les apprentissages d’un tel projet familial.

1/ Une famille déjà habituée à la vie en camping-car

Audrey et Fred ne sont pas novices : voilà 13 ans qu’ils voyagent en camping-car. Leurs enfants ont grandi avec ce mode de vacances, ce qui a largement facilité la transition vers une année complète sur la route.

Mais comme ils le rappellent, un voyage d’un an n’a rien à voir avec des vacances de quelques semaines. « Partir un an, ce n’est pas juste prolonger les vacances. C’est une autre façon de vivre, avec ses routines, ses imprévus, ses joies et ses contraintes », explique Audrey.

2/ Le déclic : un appel à profiter de la vie

À la question « Pourquoi partir ? », Fred raconte un moment charnière : une maladie soudaine avant le départ. « Ça a été le déclic. On s’est dit que c’était maintenant qu’il fallait profiter, avec les enfants. »

Jusque-là, la famille avait surtout voyagé en France, au départ de leur région, Poitiers. Cette fois, ils voulaient voir autre chose, découvrir l’Europe, ses cultures et ses paysages. « Finalement, ce n’était pas si compliqué de partir. Quand on réalise qu’on n’a qu’une vie, on se rend compte que beaucoup de barrières sont dans nos têtes. »

3/ Voyager sans itinéraire fixe : la liberté avant tout

Pendant cette année, la famille a choisi un mode de voyage sans programme précis. « Pas d’itinéraire figé, pas de cases à cocher. Juste l’envie de vivre pleinement chaque rencontre et chaque découverte », confie Audrey.

Sportifs dans l’âme, parents comme enfants ont multiplié les activités de plein air, les rencontres locales et les moments de partage. Une philosophie tournée vers l’ouverture aux autres et la curiosité culturelle.

4/ L’école sur la route : un équilibre trouvé

L’éducation des enfants est l’une des plus grandes préoccupations des familles voyageuses. Fred et Audrey ont choisi l’école libre avec le soutien de l’école. Le CNED était trop contraignant et ils ont eu la chance d’avoir une école à l’écoute de ce genre d’initiative. Ils ont reçu les manuels scolaires afin que Léo puisse continuer à poursuivre son apprentissage à distance de la même manière que ces copains et pour péparer Lilou à sa première rentrée des classes. Ils savaient que leur voyage durerait un an et souhaitaient ainsi que leurs enfants retrouvent leurs camarades sans décalage scolaire.

Contre toute attente, la routine s’est installée facilement. « On faisait une heure d’école le matin, à fond. Je leur disais : si vous êtes concentrés une heure, on aura toute la journée pour jouer et découvrir », raconte Fred.

Les résultats parlent d’eux-mêmes :

  • Léo a repris le chemin de l’école sans difficulté,
  • Lilou, qui n’avait encore jamais été scolarisée, s’est ouverte aux autres grâce au voyage.

Les conseils de Fred et Audrey pour réussir l’école à la maison en voyage :

  1. Être clair avec l’enfant : il s’agit d’une vie privilégiée, mais il faut une heure d’école par jour pour retrouver ses copains ensuite.

  2. Apprendre en s’amusant : un enfant qui ne prend pas de plaisir n’apprend pas.

  3. Privilégier le matin : les enfants sont plus réceptifs.

  4. Travailler le soir pour les parents : lorsque les enfants dorment, c’est le meilleur moment pour avancer sur ses propres projets professionnels.

5/ Les démarches administratives pour l’école en voyage

Depuis quelques années, les règles sont plus strictes. Il faut prévenir le rectorat et l’école par courrier, en indiquant que la famille sera absente pendant un an en dehors de la France. Le rectorat autorise généralement ce type de projet si l’école donne son accord. Au retour, il suffit d’informer la mairie pour que les enfants réintègrent leur établissement.

6/ Vivre un an dans un camping-car avec des enfants : que prendre ?

Avec deux enfants, la question des affaires est cruciale. Audrey et Fred ont transformé l’arrière du camping-car en chambre à deux lits pour Lilou et Léo. Un espace à eux, pour jouer, dormir et se réfugier les jours de pluie.

Quelques choix marquants :

  • Jeux de société et jouets format voyage, pour des soirées partagées,
  • Zéro écran : pas de jeux vidéo, place à la socialisation,
  • Vêtements techniques pour 30 jours, faciles à laver et à sécher,
  • Le four Omnia, finalement trop petit pour 4 personnes et peu utilisé.
Voyager en famille en Europe

7/ Combien coûte une année de voyage en famille ?

Le budget dépend énormément du style de voyage. Pour @carnet_de_plume, l’objectif était clair : profiter à fond après l’épreuve traversée. Résultat : un budget de 35 000 € pour un an.

Les principaux postes de dépense :

  • La gastronomie et les sorties (plaisirs assumés !),
  • Les souvenirs, notamment en Turquie,
  • Moins l’essence, car la famille privilégiait le slow travel, en restant plus longtemps dans les endroits qu’ils appréciaient.

8/ Voyager un an avec ses enfants : une expérience qui change tout

Au-delà des chiffres et de la logistique, ce voyage a transformé la famille. Les enfants ont gagné en maturité et en ouverture, les parents en sérénité et en recul sur leur quotidien.

« Ce n’est pas juste un voyage, c’est une autre façon de voir la vie. On s’offre le luxe du temps et de l’essentiel », résume Audrey.

9/ Faut-il partir ?

Alors, faut-il sauter le pas ? Si l’idée vous trotte dans la tête, le témoignage d’Audrey et Fred montre qu’il n’y a jamais de moment parfait, mais qu’il y a un bon moment : maintenant.

Bien sûr, il y a des préparatifs et des compromis, mais il y a surtout une certitude : une année de voyage en famille laisse des traces indélébiles et des souvenirs précieux, bien au-delà de ce que peuvent offrir des vacances classiques.

Pour suivre les aventures de la Famille Carnet de Plume et posez toutes vos questions :

10/ FAQ – Voyager un an en famille en camping-car

Pas nécessairement, mais c’est un atout. Comme Audrey et Fred le disent : « Nous avions déjà 13 ans d’habitude en camping-car, donc nous savions que ça se passerait bien ». Pour une première expérience, mieux vaut commencer par des week-ends ou de petites vacances avant de se lancer pour un an.

Plusieurs options existent : le CNED (réglementé ou libre), l’instruction en famille (IEF), ou des méthodes alternatives comme les pédagogies libres. Fred et Audrey ont choisi la péagogie libre avec le soutien de l’école de Léo afin d’assurer une continuité scolaire. Leur méthode : 1h de travail chaque matin, pour laisser ensuite toute la journée à la découverte et aux activités.

Il faut prévenir le rectorat et l’école en amont par courrier. Un voyage d’un an est généralement accepté, surtout si la famille quittte le sol français. Au retour, une simple déclaration en mairie suffit pour réintégrer l’école.

Tout dépend du mode de voyage et des priorités. La famille @carnet_de_plume a dépensé environ 35 000 €, en choisissant de profiter pleinement des sorties et de la gastronomie locale. D’autres familles peuvent voyager avec moins en pratiquant davantage le slow travel, en limitant les activités payantes ou en choisissant des destinations moins coûteuses.

Prévoir des jouets compacts, des jeux de société et des activités créatives. Audrey et Fred ont transformé l’arrière du camping-car en chambre-ludothèque pour leurs enfants. Ils ont également fait le choix de voyager sans écrans : pas de consoles ni de tablettes, mais beaucoup de jeux, de sport et de rencontres.

Leur propre expérience le prouve : un problème de santé peut être le déclic pour partir. Mais il est essentiel de souscrire une assurance voyage adaptée couvrant toute la famille et les pays visités. Il est également conseillé d’avoir une trousse médicale bien équipée et les carnets de santé à jour.

La promiscuité demande de l’organisation, mais les enfants s’habituent très vite. Chacun doit avoir son espace, même petit, pour jouer ou se reposer. Le plus important reste le rythme familial : alterner temps d’école, moments de route, activités sportives et découvertes pour maintenir un bon équilibre.

La clé est de voyager léger. La famille est partie avec environ 30 jours de vêtements techniques, faciles à laver et à sécher. Pour la lessive, plusieurs solutions existent : laveries automatiques, lessives à la main dans des bacs pliables, ou parfois services de campings.

Indispensables : vêtements techniques, bons jeux de société, équipements de plein air, matériel scolaire compact.
Moins utiles : certains équipements encombrants comme le four Omnia, que Fred et Audrey ont finalement peu utilisé.

Comme le résume Fred : « On a qu’une vie ». Un voyage long permet de vivre autrement, de ralentir, de rencontrer, et surtout d’offrir aux enfants une ouverture unique sur le monde.

Voyager en famille n’est pas toujours évident. J’espère que le témoignage de Carnet de Plume vous permettra de mieux appréhender votre propre voyage à venir. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à le faire en commentaire ou directement en prenant contact avec eux.

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