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Vos Voyages,  Voyager en famille

Quand partir au bout du Monde en famille devient l’occasion de changer de vie

Nous les avions rencontrés en Australie dans le Red Center il y a presque un an et nous avions vraiment hâte de vous faire découvrir cette jolie petite famille nantaise partie sur les routes du Monde ! Ils sont rentrés depuis peu en France après un an d’aventures et nous avons le plaisir de vous partager leur histoire mais aussi leurs projets… Car oui… partir en famille est merveilleux et ça leur a donné de nouveaux rêves… à vivre en famille…
Ce portrait de voyageurs est un peu différent des autres. Nous avons voulu garder leurs mots de parents dans un échange questions/réponses. Nous espérons que ce format vous plaira également.

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Pourriez-vous vous présenter ?

Nous sommes la Famille Envie du Monde ! Nous habitons Saint-Herblain, près de Nantes. Il y a Lou (6 ans), Léna (9 ans), Mélanie (34 ans) et Gérôme (43 ans). Nous sommes partis en tour du Monde le 16 juillet 2018 avec nos sacs en dos et nous sommes rentrés le 12 juillet 2019.
Durant cette année, nous avons été à Bali, en Australie (2 mois et demi), en Nouvelle Zélande, en Polynésie française (Tahiti, Maupiti, Bora Bora, Raiatea, Tahaa, Huahine et Moorea), sur l’Île de Pâques, au Chili, en Patagonie Chilienne et Argentine, au Brésil, en Argentine, en Bolivie et au Pérou. Nous avons voyagé en sac à dos et nous avions utilisé l’avion pour traverser les océans. En Australie et en Nouvelle Zélande nous avons voyagé en van (16 000 kilomètres) et nous avons utilisé les lignes de bus en Amérique du Sud (plus de 300 heures de bus).

Pourquoi être partis à l'aventure ?

Épris de rencontres, de partages et de découvertes, le voyage a toujours fait partie de nos vies et, il y a trois ans, l’envie de partir au long cours s’est dessinée. Nous étions dans une sorte de routine avec nos métiers, notre maison, nos voitures, bref notre vie quotidienne… Nous nous sommes dit que nous voulions plus. En quelque sorte, le monde nous a appelé et nous avons eu envie de nous sentir réellement citoyens de notre belle planète !

De plus, nous souhaitons transmettre à nos filles des valeurs qui nous tiennent à cœur notamment que, pour être heureux, nous n’avons pas besoin de beaucoup de matériel ! Nous voulions leur apprendre à vivre leurs rêves et à suivre leurs intuitions plutôt que les « il faut que ».

Pourquoi à cet instant ? Aviez-vous déjà voyagé en famille ?

Attaquant la quarantaine et connaissant des changements structuraux dans nos entreprises, nous avions décidé de tout plaquer pour partir à l’aventure et vivre le rêve d’une vie. Ce fut clairement, un réel désir de changement de vie qui nous a fait franchir le pas.

Nous avions déjà voyagé avec nos filles, mais en mode “vacances” en Guadeloupe et en Thaïlande. Cela nous a d’ailleurs convaincu qu’elles seraient capable de supporter un voyage aussi long dans des contrées où la plupart des choses sont différentes (culture, gastronomie, climat,…). Nous ne nous sommes pas trompés !

Comment ont réagi vos filles quand vous leurs avez fait part de ce voyage ?

Quand on leur en parlé la première fois, elles ont été enchantées. Bien sûr, cela restait quelque chose d’assez abstrait. Par la suite, la prise de conscience qu’elles n’iraient plus à l’école, qu’elles ne verraient plus leurs copains/copines et famille, qu’elles n’auraient plus leur chambre et leurs jouets ont fait qu’on a dû leur expliquer les choses et les rassurer… Elles ont rapidement adhéré au projet en s’intéressant aux différents pays que nous allions traverser. Plus on se rapprochait de la date du départ, plus elles étaient impatientes… et nous aussi d’ailleurs !

Comment s'organise un voyage en famille ?

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Déjà, cela prend un certain temps car il y a énormément de choses à faire… Une année complète nous aura été utile pour bien ficeler ce projet, même si nous avions laissé une belle part d’improvisation et de lâcher prise.

La première des choses à faire est de décider de le faire… “Sauter le pas”, sortir de sa zone de confort, briser des barrières psychologiques et identifier les raisons qui nous poussent à vouloir partir… Une fois cette étape déterminante réalisée, le reste est finalement assez facile. Cela prend juste du temps.

Ensuite, ce qu’il faut, s’est construire l’itinéraire… Ce sont principalement les saisons qui ont dicté notre itinéraire ainsi que les envies de chacun concernant les cultures, les peuples, les lieux et les animaux que nous voulions découvrir. Entre des envies d’inconnu et de rêves de gosses, le périple s’est dessiné assez naturellement. Nous avons décidé de rester dans l’hémisphère Sud en nous focalisant sur onze destinations. Il a fallu faire des choix, ce qui n’est pas le plus facile, car nous rêvions de parcourir beaucoup plus de pays !

Bien entendu, le budget a aussi défini le choix des lieux où nous allions aller car chaque pays a son propre budget en terme de logement, de transport et de nourriture. Par exemple, il nous a fallu choisir entre les Galápagos et la Polynésie française… Aller aux deux endroits durant ce même voyage n’était pas envisageable financièrement parlant.

Puis, il faut acheter les billets d’avion assez en avance… Nous avons opté pour un billet tour du monde avec Zipworld, valable un an, qui nous a permis de gagner du temps pendant le voyage dans le choix du prochain pays et dans la comparaison des prix de billets d’avions. Cela a un avantage financier, mais on y perd aussi en flexibilité. Il y a du plus, mais aussi du moins et si nous devions recommencer, nous opterions sûrement pour la solution d’acheter nos billets au fur et à mesure afin de gagner en liberté.

Choses essentielle, il faut bien construire le budget… Pour nous, tout fut à base d’économies, mais aussi de changements d’habitude quotidiennes avant de partir (une voiture au lieu de deux, ne pas dépenser à outrance, privilégier le troc plutôt que les achats, réductions des coûts inutiles en fonction de nos priorités). Il a fallu budgétiser toutes les dépenses de notre voyage en avance : hébergements, nourriture, transports terrestres, activités et excursions, essence, traversées en ferry, communications… Pendant le voyage, un suivi très régulier des dépenses est indispensable et primordial !

Enfin, parmi la longue liste des choses à faire, voici quelques exemples : souscrire une assurance santé/rapatriement histoire de ne pas se ruiner s’il arrive le moindre pépin (nous avions choisi Chapka avec leur formule Cap Aventure), prendre une banque en ligne (N26 pour nous, une banque allemande permettant de ne pas avoir de frais de retrait et facilité de paiement à l’étranger), obtenir les visas nécessaires, s’assurer des obligations d’entrée et de sortie liées à chaque pays, se faire vacciner (hépatites A et B, fièvre typhoïde, fièvre jaune, rage et encéphalite japonaise… libre à chacun dz leq faire ou non et à faire selon les pays visités), déclarer la déscolarisation des enfants et la mise en place de l’instruction en famille, louer les vans bien en amont pour ne payer trop cher, acquérir le(s) permis de conduire international, s’équiper (les sacs à dos, les tenues adéquates, les chaussures qui vont bien, le matériel photo/vidéo/informatique,…), s’occuper de toutes les administrations et sociétés françaises penant notre absence (impôts, mutuelle, courrier, abonnements mobiles et box, EDF, GDF, chaudière, eau, assurances,…), prévenir les autorités françaises du parcours effectué afin de pouvoir être prévenu et/ou secouru en cas de catastrophe naturelle, guerre civile ou autre (www.diplomatie.gouv.fr/Ariane), faire un stage de premiers secours, faire des bilans sanguins et dentaires, prévoir une trousse de secours adaptée avec les éléments de base mais aussi tous ceux liés à un voyage dans des zones tropicales, passer des heures à parcourir des blogs de voyageurs,…

Bref, comme vous pouvez le voir avec cette liste non-exhaustive, la préparation est assez conséquente, mais s’est plutôt agréable à faire car chaque tâche effectuée rapproche un peu plus du jour J. Cela fait même partie du voyage!

Comment se passe la scolarité et comment vos filles vivent-elles le voyage ?

Nous souhaitons être acteurs de l’instruction de nos filles. Après beaucoup de recherches, de lectures et des rencontres, nous pratiquons le « unschooling »…C’est à dire que nous n’appliquons pas de programme à la lettre… Pas d’horaire de travail, pas d’imposition de matières. Chaque occasion est source d’apprentissage. Nous jouons beaucoup avec elles. Les filles ont des livres et des cahiers d’exercices correspondants aux cycles qu’elles suivraient à l’école. Elles s’en servent quand elles le souhaitent et d’ailleurs plus souvent qu’on ne pourrait le penser. Elles le font par envie et, pour elles, c’est un jeu… Ensuite, elles apprennent tellement tous les jours avec tout ce qu’elles voient, découvrent et partagent. Nous avons rencontré beaucoup de personnes pendant notre voyage (locaux ou voyageurs) et la richesse des échanges avec les enfants ou les adultes est très importante. Elles ont découvert l’anglais et l’espagnolNous parlons culture, histoire, géographie, faune, flore,… Elles sont heureuses, libres et épanouies. L’ouverture d’esprit qu’elles démontrent aujourd’hui nous réjouissent au quotidien. Emile Zola disait que rien ne développe l’intelligence comme les voyages. Nous le vérifions tous les jours et sommes certains que cette expérience leur apportera énormément pour leur vie future.

Est-ce facile de voyager en famille ? Cela vous-a-t-il rapproché ?

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Il est extrêmement facile de voyager avec des enfants. Leur enthousiasme naturel fait qu’elles se régalent de découvrir tout ce que le voyage leur apporte. elles ont une facilité d’adaptation incroyable et des capacités mentales extraordinairesElles savent profiter du moment présent.
Nous avions rencontré des « galères » pendant notre voyage (deux séismes en Indonésie en août dernier et le cambriolage de notre van en Nouvelle Zélande en octobre) et elles ont montré une force psychologique incroyable !

Avec nos filles, des portes nous ont été ouvertes également plus facilement et nous avions accès à des choses, des rencontres et des échanges que nous n’aurions peut-être pas en voyageant en solo ou en couple. Léna nous a dit régulièrement qu’elle se rendait compte de la chance qu’elle avait de voyager autour du monde et nous retenons une phrase de Lou qui, en Australie, nous a dit spontanément, à 5 ans, « C’est trop bien la vie !!! ».

Tout n’était pas non plus facile tous les jours… Elles ont parfois eu des petits coups de blues et nous ont fait part du manque de leur famille, cousins-cousines et copains-copines. Heureusement, les moyens de communication d’aujourd’hui nous ont aidé à garder le contact et, finalement, cela les a rassuré… Il faut également être très vigilant quant à leur état de fatigue ou aux petits signes de lassitude.

Ensuite, ce fut une vraie chance de pouvoir partager cela tous les quatre… Cela nous a soudé et nous nous connaissons mieux. En revanche, il ne fut pas toujours évident de passer 24 heures sur 24 ensemble. Il a fallu s’accorder des moments personnels afin de vivre cela en tant qu’individu « individuel ». Il a fallu être également attentif à la relation de couple car l’intimité ne fut pas évidente à maintenir, dormant tous les quatre régulièrement dans la même chambre. Des subterfuges étaient à mettre en place !

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Comment faites-vous pour que vos filles s'impliquent dans le voyage ?

Nous sommes attentifs à leurs besoins. Nous essayons de les intégrer dans les itinéraires, choix d’excursions ou visites. Avant de partir en trek, on leur demandait leur avis. On n’était pas toujours en train de courir ou crapahuter. Au contraire, on se laissait de nombreux moments et jours de pause.
On se servait beaucoup de YouTube et d’émissions comme « C’est pas sorcier » afin de leur donner de l’information et de la compréhension sur ce qu’on allait découvrir (par exemple, avant d’arriver dans les Andes, nous avons regarder des émissions sur la culture inca).
Nous avions aussi un rituel que nous avions mis en place depuis l’Australie. Dès qu’il y avait une Alliance française dans les villes où nous nous arrêtions, nous allions passer quelques heures à la bibliothèque pour lire des livres en français. Elles adoraient cela.

Enfin, on faisait en sorte de créer des rencontres, via des groupes Facebook dédiés aux familles voyageuses, avec d’autres familles afin qu’elles puissent jouer avec des enfants vivant la même chose qu’elles… Elles aiment beaucoup jouer avec les enfants mais c’est plus simple quand c’est en français. En plus, ça nous permettait de passer de très bons moments aussi avec les parents autour de sympathiques apéros et de bonnes bouffes. Ca a d’ailleurs créé énormément de liens et nous reverrons certaines de ces familles en France, c’est une certitude !

Racontez-nous deux moments forts de votre voyage et pourquoi

Les rencontres… Plus qu’un moment, ce sont pleins de petites tranches de vie qui resteront gravés… Les rencontres furtives ou de quelques jours avec les locaux de chaque pays qui s’ouvrent, cherchent à nous faire découvrir leur culture et qui nous donnent tant alors qu’ils n’ont pas forcément grand chose… Les rencontres avec les autres voyageurs de toutes nationalités, de tout âge, les familles françaises, dans un bus, un aéroport, sur un site, autour d’un apéro, d’une bonne bouffe ou même avec qui nous avons partagé quelques jours de voyages… Outre les paysages incroyables, les animaux exotiques, les gastronomies locales et les traditions ancestrales, ce sont bien les gens qui auront le plus enthousiasmé notre voyage !

Le cambriolage… Parce qu’un voyage au long cours n’est pas toujours de tout repos et n’est pas synonyme de vacances (ou pas tous les jours en tout cas)… on vit aussi des galères… La pire pour nous a été le cambriolage de notre van en Nouvelle-Zélande, autrefois réputé comme étant le pays le plus sûr au monde… On nous a volé 80% de nos affaires… Des vêtements en passant par le matériel informatique, les trousses de toilette et de secours, les jeux et poupées des filles, les lunettes de vue…Un moment très difficile qui n’a jamais remis en cause la continuation du voyage mais qui nous a occasionné des ascenseurs émotionnels intenses et des dépenses non prévues. Quoi de positif ? Cette épreuve nous a permis de vérifier (nous n’en doutions pas) la solidarité des gens de notre entourage et d’inconnus qui nous ont soutenus psychologiquement et matériellement. Cet épisode nous a rendu plus fort aussi et, huit mois après, nous arrivons même à en tirer des bénéfices psychologiques!

Pourriez-vous dire que ce voyage est un tremplin vers de nouveaux projets ou bien vous prévoyez de reprendre votre vie où vous l'aviez laissée en France ?

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Un tremplin pour de nouveaux projets ? Oui, complètement ! Nous sommes partis avec un état d’esprit de totale liberté (n’ayant plus de travail et désirant continuer l’instruction en famille après)… Donc oui, nous changeons de vie… Le voyage nous a permi de mieux nous connaître et surtout nous savons à présent ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus.
Nous avons pleins de nouveaux projets et nous revenons donc très sereinsenthousiastes et impatients. Cette fin de voyage nest pas vraiment une fin. C’est plutôt un renouveau. C’est la fin de la première étape de notre voyage… celle de nos vies.

Mais avant d’entamer la deuxième étape, nous allons nous poser et nous reposer chez nous pour revoir nos familles et amis. Ensuite, nous repartirons en août, en France cette fois-ci, pour faire du workaway (volontariatchez des familles travaillant en permaculture et en éco-hameaux. Nous allons également faire plusieurs festivals liés à nos nouvelles philosophies de vie. Ensuite, nous entamerons des démarches afin de devenir une famille nomade digitale, sous différents prismes, et nous achèterons un camping-car pour pouvoir repartir le plus vite possible sur les routes, en Europe cette fois-ci, et bien davantage… Nous sommes maintenant encore plus épris de liberté !

Quels conseils aimeriez-vous donner aux personnes qui rêvent de voyager en famille et qui ont peur de le faire ?

Le plus important est de se poser la question du désir... De quoi avons-nous réellement envie (Envie du monde) pour notre futur proche et moins proche ? Ce n’est pas une question de moyens mais de volonté et de priorité !
Une autre question à se poser: « Que m’apporterait le fait de sortir de ma zone de confort ? »
Finalement, le seul frein à tout cela n’est qu’une barrière psychologique à sauter… Une fois cette étape franchie, le reste n’est que bonheur et prise en main de sa vie… Une fois, on m’a parlé du fait que les rêves n’étaient pas faits pour être vécus… Triste, non ? Nous, on pense tout le contraire et on compte bien continuer à vivre les nôtres!

Ils vous ont fait rêver et/ou vous avez envie d’en savoir + ?
Retrouvez toutes leurs aventures sur leur site internet : https://enviedumonde.wordpress.com 
(Nous avions créer ce blog avant de partir pour partager nos préparatifs, les raisons de ce voyage puis nos aventures, mais il a été mis entre parenthèses en Australie car il prenait trop de temps à alimenter et que nous avions vraiment envie de profiter de l’instant présent. Nous le reprendrons plus tard)

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